Ecouter des histoires, seulement pour se divertir ? Mh...pas tout à fait !
Car les contes ne sont pas de simples divertissements. Ils sont une boussole pour naviguer dans l'immensité du réel. En nous reliant au mystère des forêts profondes, au silence des montagnes, à la puissance indomptable des océans, ils nous rappellent que la nature est le miroir vivant de notre psyché.
Par la puissance du symbole, ils nous guident.
A travers la figure de la sorcière ou l'usage de la magie, le récit nous ramène également à notre nature païenne, notre part sauvage et libre, et nous permet de donner un nom à ce qui nous dépasse.
Et surtout, l’histoire offre un champ de bataille sacré : elle nous aide à regarder en face nos forces obscures. En résolvant nos conflits dans l'espace du mythe, les contes merveilleux instaurent un ordre là où régnait la confusion.
Grâce à la force des symboles, les contes réordonne notre monde intérieur.
Le grand silence...
Autrefois, le monde était... une immense conversation. Les rivières, les arbres murmuraient, les animaux étaient doués de parole... Puis le fil s'est brisé...! Pour nos oreilles humaines, le monde est devenu un décor silencieux : l'homme n'a plus entendu les mots de la nature.
Comment en sommes-nous arrivés là ?
La première raison est sans doute la plus évidente : le bruit. Pas seulement le fracas des machines ou des villes, mais le tumulte de nos esprits occupés. Pour entendre le murmure d'une rivière ou les conseils d'un vieux chêne, il faut faire silence. En nous enfermant dans des boîtes de béton et derrière des écrans, nos sens se sont émoussés. Et en accélérant le rythme de nos vies, nous avons créé un mur de fréquences qui couvrent des voix plus subtiles.
De plus, l'humain se perçoit comme le centre de l'univers, seul détenteur de la conscience et du langage. En nous auto-proclamant maîtres et possesseurs de la nature, nous avons donc relégué les animaux et les plantes au rang d'objets ou de ressources. Or on n’écoute pas ce que l'on considère comme une marchandise !
Mais alors, comment renouer le dialogue ?
Le divorce n'est pas définitif. Il suffit d'un instant de présence, d'une marche sans téléphone, d'un regard prolongé dans les yeux d'un animal, pour sentir que la ligne n'est pas coupée. La nature n'a jamais cessé de parler. Les animaux continuent leurs palabres, les arbres communiquent entre eux par leurs racines, et le vent emporte toujours leurs récits au quatre coins du monde.
