Écouter des histoires...

Les contes ne sont pas de simples divertissements enfantins ; ils sont la boussole nécessaire pour naviguer dans l'immensité du réel. En nous reliant au mystère des forêts profondes, au silence des montagnes, à la puissance indomptable des océans, ils nous rappellent que la nature n'est pas un décor, mais qu'elle est un miroir vivant de notre psyché. A travers la figure de la sorcière ou l'usage de la magie, le récit nous permet d'apprivoiser l'invisible et de donner un nom à ce qui nous dépasse. Et surtout, l’histoire offre un champ de bataille sacré : elle nous aide à voir nos forces obscures pour mieux les affronter. Le dragon ou l'ombre que le héros combat n'est que la projection de son chaos intérieur. En résolvant nos conflits dans l'espace du mythe, les contes merveilleux instaurent un ordre là où régnait la confusion. Grâce aux symboles, ils nous replacent au cœur d'un monde naturellement ordonné, où chaque épreuve a un sens et où le mystère révèle les multiples aspects de notre monde intérieur.

Le grand silence...

Il fut un temps, si lointain qu’il semble appartenir aux rêves, où le monde n’était qu’une immense conversation. Les rivières murmuraient, les arbres conversaient, et les animaux aussi étaient doués de parole. Puis, un jour, le fil s'est brisé. L'homme n'a plus voulu, ou peut-être n'a plus pu, entendre les mots de la nature. Le monde est devenu, pour nos oreilles humaines, un magnifique décor... silencieux.
Comment en sommes-nous arrivés là ? La première raison est sans doute la plus évidente : le bruit. Pas seulement le fracas des machines ou des villes, mais le tumulte de nos esprits occupés. Pour entendre le murmure d'une rivière ou les conseils d'un vieux chêne, il faut faire silence. Et en accélérant le rythme de nos vies, nous avons créé un mur de fréquences qui couvre des voix plus subtiles. Par ailleurs, l’humain se perçoit comme le centre de l'univers, seul détenteur de la conscience et du langage. En nous auto-proclamant maîtres et possesseurs de la nature, nous avons relégué les animaux et les plantes au rang d'objets ou de ressources. Et on n’écoute pas ce que l'on considère comme une marchandise ! Certains disent que nous n'avons pas perdu la capacité d'entendre, mais que nous l'avons oubliée...En nous enfermant dans des boîtes de béton et derrière des écrans, nos sens se seraient-ils émoussés ?

Mais alors, peut-on renouer le dialogue ?

Oui ! Car la bonne nouvelle, c'est que la nature n'a jamais cessé de parler. Les animaux continuent leurs palabres, les arbres communiquent entre eux par leurs racines, et le vent emporte toujours leurs récits au quatre coins du monde.

Le divorce n'est donc pas définitif. Il suffit d'un instant de présence, d'une marche sans téléphone, d'un regard prolongé dans les yeux d'un animal pour sentir que la ligne n'est pas coupée ! Enfin, si vraiment tous vos efforts sont vains, rappelez-vous qu'écouter un conteur peut aider à renouer le dialogue avec la nature vivante :-) !

Marie

Conteuse

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